Le mot de la
faim

Parmi les photos des coulisses de l’agence qui daignent filtrer sur les différents réseaux sociaux, certaines ont immortalisé des scènes de déjeuner qui n’ont pas grand chose à envier aux vagues gribouillages de Manet ou Renoir.   Cependant la composition des menus peut rester légèrement opaque aux yeux du novice peut habitué à sonder l’amas chaotique de mets qui s’entassent et se ramassent sur la table chaque midi.

Voici notre éclairage sur les incontournables qui viennent composer nos repas avec, pour certains, une inlassable régularité.

Luxe, calme et volupté à l’italienne

La pizza surgelée pourquoi pas, mais quand on a un petit restaurant tenu juste à côté par une italienne pure et dure qui cuisine à partir de vrais produits de son pays, on sent la différence. En plus elle est sympa.   Les points s’accumulent sur notre carte de fidélité à mesure qu’elle nous prépare des salades, des sandwichs, les pâtes du jour ou qu’elle fait cuir la pizza sous nos yeux.   Dans sa grande gentillesse, elle peut même nous envoyer les menus du jour par texto, c’est la totale.

Le couscous gargantuesque

C’est peut-être le lieu de ravitaillement le plus éloigné de l’agence mais la récompense à l’arrivée efface tous les efforts consentis lors de la longue remontée du Boulevard Malesherbes qui prend des allures de Route 66.   Pour une petite dizaine d’euros, vous obtenez un couscous en quantité suffisante pour nourrir la moitié de l’arrondissement, délicatement disposé dans un pot XXL. La composition se fait à la carte et selon nos envies : plusieurs choix de viande, de légumes… Une valeur sure qui se déguste sur plusieurs jours.

Le fait-maison qui respire la fierté

Enveloppés dans leur cocon d’aluminium ou soigneusement protégés par des boîtes ou autres tupperwares, des petits plats mitonnés par les membres de l’équipe s’invitent parfois sur la table.   La foule ébahie ne manque pas de tarir d’éloges sur la production et s’embarque souvent dans un échange de recettes et d’astuces avec le marmiton du jour. Des cakes, des quiches des salades… Nombreux sont ceux et celles qui ont pu, non sans plaisir, faire étalage de leurs prouesses culinaires.   Toutefois, cela n’empêche pas certains de se complaire dans leur sélection d’un autre incontournable en se disant qu’au moins ils n’ont pas eu besoin de le faire. Même s’ils ont payé le triple.

Le melting pot

Il y a ceux qui, dans un soucis de cohérence ou sous l’emprise de la tradition, associent des mets que le commun des mortels est accoutumé à voir coexister : une escalope et du riz, des pâtes et de la sauce tomate, de la salade et de la vinaigrette etc.   Mais il y a aussi les anticonformistes qui, dans une logique d’ouverture culturelle, tentent des compositions improbables en réunissant des ingrédients à priori opposés.   Et voilà que la sardine se marie avec le bresse bleu, que les concombres à la crème batifolent avec le coca light et que les TUC folâtrent main dans la main avec un caprice des dieux. Chacun ses goûts.

Une petite escale nippone

Comme tout le monde, il nous arrive de manger des sushis.

Le nirvana de la boucherie

Tous les midis, un petit groupe part en pèlerinage dans ce temple de la gastronomie française.   Les viandes s’étalent en masse derrière la vitre comme toute boucherie qui se respecte, mais la grande différence, c’est qu’ici, on est aussi chez un traiteur. Les plats du jour sont inscrits sur la grande ardoise à l’entrée, et à chaque fois…   À chaque fois c’est un tsunami culinaire qui nous frappe, une déferlante inextinguible de plats de derrière les fagots qui font honneur à des siècles de gastronomie française : bavette à l’échalotte, saumon sauce safran, escalopes à la crème, paupiette sauce morille…   Chaque viande ou poisson est proposé avec des accompagnements consistants: frites, haricots, purée ou encore gratin dauphinois. Et comme le rayonnement de la boucherie est mondial, des tajines de poulet et autre boeufs thaï viennent parfois participer à la fête. On ne sait plus où donner de la tête.

La caverne aux merveilles (ou pas) de Franprix

Tout le monde connait l’enseigne, on se passe des présentations. Franprix fait bien partie des incontournables de l’agence, pour ses chips, ses boissons, ses plats à réchauffer et la lenteur de ses machines à cartes.   Un inexplicable phénomène sévit ces dernier mois : la mode des salades composées Sodebo. Leur apparence en carton est compensée par l’infimité de son coût qui en dit long sur la qualité des produits, même si, jusqu’à présent, personne n’est mort.   Pour monter en gamme, il faut se rendre au « salad bar » qui n’est pas très loin. Mais, là-bas, l’addition risque d’être presque aussi salée que le bassin de Carnac.