L’agence qui
criait au Loup

Tout le monde le sait, il y a une bonne ambiance chez BRAAXE. Un rapide coup d’oeil à nos comptes Instagram et Facebook le confirmera. Mais ce qui se sait moins, c’est que certains rituels bouleversent totalement cette sérénité pour nous plonger dans une atmosphère toute autre, chargée de mystères, de craintes et de doutes. Presque tous les midis, à l’agence, ça joue au Loup-Garou.  

Les bougies s’allument et la grande salle se métamorphose alors en un village peuplé d’habitants aux profils très variés.  

Certains s’adonnent à la chasse, d’autres préfèrent dire la bonne aventure, il y a des enfants, des vieillards et même des animaux !   En fait ce serait sympa comme tout, s’il n’y avait pas de loups-garou. Villageois de jour, prédateurs affamés la nuit venue, ils dévorent une victime tous les soirs, pour peu qu’elle ne soit sauvée par un justicier noctambule qui procède malheureusement un peu à l’aveugle.

A chaque journée qui passe, l’étau se resserre : les cadavres s’amoncellent dans l’agence et les survivants essayent d’identifier et d’éliminer les responsables par le biais du vote. La démocratie contre la barbarie. Et ce ne sont pas toujours les gentils qui gagnent.

Un insupportable climat de suspicion sévit alors dans le village de BRAAXE. Les visages se crispent, se tendent et, de peur de se faire accuser, ne laissent plus rien paraître. Chaque geste est décortiqué, la moindre mimique est analysée et l’amitié s’efface, de peur d’être trahie, pour laisser place à la méfiance. Qui dit la vérité ? Qui manipule les autres? Les débats sont animés.

A chaque prise de décision définitive, à chaque citoyen qui monte sur le bûcher, c’est le même suspens intenable qui revient : si c’est un loup qui trépasse, c’est la liesse, si c’est un honnête villageois qui tombe, c’est la déception et le début des remords. Et la spirale infernale continue jusqu’à ce qu’un camp gagne.

Parfois ce sont les loups qui l’emportent, en fin stratèges qu’ils ont été, d’autres fois c’est le village, soutenu par la clairvoyance de la petite fille et de la voyante. Ce qui ne change jamais, c’est le bain de sang dans lequel cette sinistre histoire se termine.   Et puis, une fois la partie finie, les lumières se rallument et tout le monde redevient copain. Enfin, jusqu’à la prochaine session.   Quiconque se sent suffisamment psychologue, acteur, orateur et stratège est le bienvenu pour venir se mesurer à nous à l’heure du déjeuner. Mais attention : le village est rodé et sait se montrer impitoyable envers le vice et la calomnie.